Les propriétaires de maison font face à une décision importante : rénover avant de changer pour mieux?

Par Kathy Flaxman, Toronto Star

Ken et Grace Bugg ont vécu heureux dans leur maison située au centre-ville de Toronto pendant plus de 20 ans, élevant leurs enfants et profitant des plaisirs de la vie : tennis en été et curling en hiver..

Jumelée, cette maison est placée sur un terrain de bonne taille, dans un bon quartier de la ville. Avec trois chambres à coucher, une salle de bain, plus une demi-salle de bain et avec un sous-sol partiellement terminé, cette maison entre dans l’offre standard.

À côté, une maison vendue près d’un million après une rénovation complète et des rajouts. Plus bas dans la rue, des maisons bourgeoises, dont une récemment mise sur le marché à 5 millions de $, vue arrière sur le ravin, avec des caractéristiques luxueuses non visibles dissimulées à l’intérieur.

Mais la maison des Bugg est modeste, ils ont envisagé pendant plusieurs années d’effectuer des travaux de rénovation Peut-être une nouvelle cuisine? Ou peut-être une extension de la salle commune dans le spacieux jardin à l’arrière? Grace est attirée par une vie en copropriété, après tout, le couple a la fierté de posséder un magnifique chalet avec une charpente en A à Haliburton avec toutes les cloches et les sifflets qui vont avec.

Si les Bugg devaient vendre, devraient-ils d’abord rénover? Disons qu’ils doivent dépenser 50 000 $ pour obtenir 100 000 $ de plus, est-ce que cela en vaudrait les tracas et le pari?

Et ne nous voilons pas la face, il s’agit bien d’un pari. Si vous rénovez une maison à votre goût et que personne n’aime votre style, c’est alors foncer tout droit dans un mur

Rénover avant de vendre peut être une bonne chose, mais les gens devraient se limiter à des éléments qui amélioreront l’esthétique et l’agencement pour créer un caractère attrayant », dit Monika Merinat, une courtière en immobilier chez Coldwell Banker Terrequity Brokerage.

« Leur investissement leur sera remboursé et plus encore s’ils rénovent des pièces comme la cuisine ou la salle de bain. Les planchers peuvent également avoir un impact significatif sur le prix de vente.  Mais tout refaire comme entre autres, le toit, l’électricité et la plomberie pourrait ne pas procurer un retour sur investissement immédiat. Bien entendu, cela dépend de la maison. »

Nathalie Thorel, architecte d’intérieur chez Interior Affairs, émet également des réserves.

« Je ne suis pas certaine de vouloir m’investir dans des rénovations importantes et mettre moi-même la maison en vente. Faire des rénovations tout en vivant dans la maison est extrêmement stressant et dérangeant et vous devez avoir la certitude de pouvoir au moins couvrir vos dépenses. Comment savoir si on va perdre ou gagner de l’argent? », demande-t-elle.

should you renovate before you sell

Ce printemps, Samantha et Craig Thomson ont vendu leur bungalow vieux de 60 ans de style ranch situé proche de l’avenue Eglinton East et du Don Valley Parkway, après avoir réalisé une rénovation complète et transformé le sous-sol en un appartement à une chambre où ils ont vécu avec leur fille de 11 ans Hannah pendant huit semaines, pour le reste des travaux. « Nous avons vécu dans la maison pendant huit ans avant de décider de déménager, mais nous n’avons pas pris la peine de faire des travaux », explique Samantha. « Nous avons visité des maisons et nous savions ce qui se vendait et ce qui ne se vendait pas, pouvant ainsi réaliser qu’en faisant des rénovations, nous pouvions obtenir plus. »

Craig Thomson, un entrepreneur doté d’une boîte à outils remplie de savoir-faire, a pu réaliser une grande partie des travaux lui-même, avec l’aide du père de Samantha, ce qui leur a permis d’économiser une grosse somme d’argent. « Craig s’est chargé de toute la plomberie, du carrelage et de la charpente », dit Samantha. « Nous avons remplacé la cuisine et avons posé un carrelage en ardoise et installé de nouveaux appareils électroménagers en acier inoxydable. Nous avons intégralement refait les salles de bain, remplacé les fenêtres et les plinthes partout en plus de l’installation de nouvelles portes et poignées. Nous avons opté pour des nuances de couleur neutres dans les gris, les beiges et les blancs. En tout et pour tout, nous avons dépensé moins de 40 000 $, mais cette somme aurait été bien plus élevée si nous n’avions pas pu faire autant de travaux par nous-mêmes. »

Vivre au sous-sol de février à avril avec le bruit et le désordre (dont la poussière du plâtre) ne semble pas être une partie de plaisir. Est-ce que cela en vaut la peine? Selon Frank Petriglia, un courtier en immobilier chez Coldwell Banker Terrequity Realty Inc., agent immobilier chargé de la vente de la propriété, sans les rénovations, la maison aurait été vendue à 499 000 $ environ. Avec les rénovations, elle s’est vendue à 660 000 $.

Lorsque l’on fait quelque chose comme ça, il est important de garder à l’esprit d’avoir un budget ferme pour les travaux à réaliser et vous devez vous limiter à ce budget », insiste-t-il. « J’étais moi-même dans la construction et je peux plus ou moins dire à mes clients quoi faire et combien cela va coûter », dit-il.

Mais pas tout le monde a la chance d’être marié à (ou être) un entrepreneur et accepter de camper ou de déménager pour peut-être gagner plus sur une vente n’est pas toujours une possibilité.

Alors, qu’en est-il des Bugg? Devraient-ils rénover ou devraient-ils s’épargner les tracas et vendre tel quel? Thorel est formel. « Cette maison regorge de potentiel. Le terrain est merveilleux et il est situé à proximité d’excellentes écoles et rues commerçantes. Mais dans l’idéal, elle aurait besoin d’être refaite du sol au plafond, » dit-elle.

Parce que la maison est jumelée, Merinat pense qu’ils pourraient ne pas rentrer dans leurs frais. « Je dirais que comme tel, le prix se situerait dans les 600 000 $ et avec des travaux d’amélioration, entre 650 000 et 670 000 $, selon l’apparence de la maison une fois les travaux terminés. »

Grace Bugg s’est faite à l’idée de rester dans la maison telle qu’elle est, peut-être pas pour toujours mais dans l’immédiat. « Je connais des personnes qui ont apporté des changements immenses dans leur mode de vie et leur maison et qui regrettent aujourd’hui ces changements », dit-elle. « Donc, pour l’instant, je suis heureuse de rester là où nous sommes. »

Première publication dans le Toronto Star le 9 février 2012.

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