Des recherches et un meilleur régime d’épargne auraient facilité le processus d’achat d’une maison

Par Carla Wintersgill, collaboration spéciale au Toronto Star

J’ai trouvé un cheveu gris en me regardant dans le miroir l’autre jour. Ce n’est pas une coïncidence s’il est apparu le premier matin où je me suis réveillée dans notre nouvelle maison.

La semaine dernière, mon copain Jesse et moi-même avons emménagé dans une petite maison de deux chambres et deux salles de bain à Toronto. En plus de dépenser presque tout notre argent pour acheter notre première maison fin janvier, nous avons été confrontés à une guerre des prix, une fausse alarme de termites, une surprise d’ordre fiscal et une documentation interminable.

C’est un miracle que tous mes cheveux ne soient pas gris.

Étant donné que tout est tellement clair a posteriori, je sais aujourd’hui qu’elles sont les choses que nous aurions pu faire différemment pour nous faciliter la vie.

La première aurait été d’accorder plus de temps à étudier le processus.

Acheter une maison signifie être ballotté entre trois professionnels –l’agent immobilier, le banquier et l’avocat – les efforts desquels vous avez la responsabilité de coordonner. Cela vous aide à comprendre ce qui se passe. Il nous est souvent arrivé de ne pas le faire, se fiant plutôt à la personne avec laquelle nous traitions pour savoir quelle était la prochaine étape à suivre.

On dit que moins on en sait, mieux on se porte, mais dans notre cas, l’ignorance nous a souvent entraînés dans une série d’appels téléphoniques frénétiques sur des choses que nous aurions dû traiter plus tôt.

« Faites vos recherches personnelles », déclare Mary Stergiadis de la Société canadienne d’hypothèques et de logement.

Elle recommande de participer à un séminaire consacré aux nouveaux acheteurs de maison, lors duquel des acheteurs potentiels ont la possibilité de rencontrer des agents immobiliers, des prêteurs hypothécaires et des avocats spécialisés en immobilier pour avoir une idée plus précise des réalités liées à l’achat d’une maison. Un tel séminaire donne également l’occasion de se familiariser au jargon immobilier qui fait partie de la transaction.

« Les professionnels hypothécaires oublient parfois qu’ils ont devant eux des nouveaux acheteurs de maison », affirme-t-elle.

Avant même de penser mettre un pied sur le marché, il est important de comprendre tous les coûts associés à l’achat d’une maison et l’entretien de la propriété par la suite, avance Mme Stergiadis.

lessons for first-time homebuyer

Des sites Web d’organismes comme la SCHL et l’Association canadienne de l’immeuble regorgent de fiches d’information, de vidéos et de trousses d’outils dédiées aux acheteurs de maison afin qu’ils puissent correctement se préparer pour le processus d’achat.

La découverte la plus embarrassante que Jesse et moi-même avons faite durant la vente fut d’apprendre qu’il existe à la fois des droits municipaux de cession immobilière (à Toronto seulement) et des droits de cessions immobilière provinciaux. Voilà une erreur de calcul de 3 400 $. Et parce que le nom de Jesse apparaît sur un bien familial, nous ne sommes pas admissibles au remboursement des droits de cession immobilière accordé aux nouveaux acheteurs de maison.

Nous ne savions pas non plus que la totalité des droits de cession immobilière étaient dus à notre avocat avant la clôture. Nous avons dû emprunter 600 $ à la mère de Jesse pour payer nos frais de clôture parce que le chèque que nous avions déposé à notre compte n’avait pas été compensé à temps pour être inclus au mandat-poste.

Lorsque vous pensez avoir mis de côté suffisamment d’argent pour une maison, économisez 10 000 $ de plus. À tout instant, il nous fallait défrayer les coûts d’un autre service (électricien, serrurier, inspecteur d’habitations, technicien en chauffage, impôt foncier imminent, etc.), sans parler des innombrables pots de peinture et matériaux que nous avons achetés pour refaire une beauté à la maison.

Au fur et à mesure que nos comptes en banque se vidaient, nous aurions pu en faire plus pour trouver des économies potentielles, énonce Mme Stergiadis. J’étais admissible en tant que nouvel acheteur de maison et j’aurais pu profiter du Régime d’accession à la propriété, ce qui m’aurait permis de retirer jusqu’à 25 000 $ non imposables de mon Régime enregistré d’épargne-retraite.

Je n’ai pas énormément d’argent épargné, mais j’aurais pu faire ce que Mme Stergiadis et son époux ont fait lorsqu’ils ont acheté leur première maison. Ils ont placé leur mise de fonds sur un REER, ont bénéficié d’un remboursement d’impôt appréciable les aidant à gérer les frais de clôture et l’achat d’appareils électroménagers neufs, puis ils ont retiré l’argent le moment venu d’acheter la maison. Le seul hic avec le Régime d’accession à la propriété est que le REER doit être remboursé dans les 15 années qui suivent. Très malin. Dommage que nous n’y ayons pas pensé.

Enfin, si c’était à refaire, nous aurions essayé de nous détendre un peu plus. L’intégralité du processus d’achat de la maison fut une série de confusions. Mais quel que soit le nombre d’erreurs que nous avons commises, la vente s’est quand même faite.

Je suis extrêmement fière de notre petite maison. Même si j’ai aujourd’hui quelques cheveux gris, le jeu en valait la chandelle.

Première publication dans le Toronto Star le 12 avril 2012.

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