La fonctionnalité de la maison est le facteur premier à considérer lors de rénovations

Par Ryan Starr, Toronto Star

Les propriétaires baissent-ils les bras en matière de rénovations?

L’entrepreneur Brendan Charters, qui passe le plus clair de son temps à exécuter d’importantes rénovations sur les maisons plus anciennes de Toronto, croit que oui.

Trop souvent, déplore-t-il, les propriétaires cherchant à améliorer leur foyer mettent l’accent sur des accessoires attrayants, comme des comptoirs en granit ou des appareils en acier inoxydable, plutôt que sur les éléments fonctionnels critiques : les systèmes de contrôle d’air, d’humidité, de ventilation, d’eau et de température.

« C’est bien beau de démolir la cuisine ou de tout repeindre », avoue M. Charters, praticien du développement d’Eurodale Developments, « mais on ne prend pas le temps de parler de ce qui se cache derrière les murs et de comment cette structure, en tant que système, nous abrite des intempéries et nous fournit un environnement sain où vivre. »

M. Charters est un enthousiaste adepte du principe de la « maison en tant que système », une méthodologie de construction garantissant que chaque partie du foyer fonctionne de manière intégrée.

« Il s’agit de reconnaître que tous les éléments, de l’isolation à la ventilation, collaborent à faire de la maison un endroit sain et confortable », explique-t-il.

Au moment de faire d’importantes rénovations, les propriétaires qui négligent de traiter leur maison comme un système d’exploitation intégré ne font que reporter leurs problèmes à plus tard, selon M. Charters, même si le four aux beaux boutons rouges a vraiment fière allure. « L’équivalent en termes automobiles serait d’acheter des jantes clinquantes et flambant neuf, mais de ne pas faire réparer les freins. C’est s’exposer aux ennuis. »

The right way to renovate
Compter sur le vert

Chad Attard, propriétaire d’Attard Construction à Mississauga, en Ontario, croit que la plupart des propriétaires de maison ont encore du mal à estimer la valeur à long terme d’une maison plus écolo.

« C’est une question d’argent, confie-t-il. À moins de pouvoir leur présenter une véritable compensation, dollar pour dollar, très peu de gens sont prêts à compter sur le fait que (passer au vert) pourrait leur faire épargner au cours des dix prochaines années.

« Si on leur donne un choix, la plupart des propriétaires choisiront, presque à tout coup, les fioritures haut de gamme qui impressionnent les invités. »

M. Attard pense que les attitudes vont changer, par contre, au fur et à mesure que les prochaines générations d’acheteurs, pour qui la durabilité est une préoccupation importante, pénètrent le marché.

M. Charters est d’accord. « Les consommateurs sont de plus en plus éclairés, déclare-t-il. Ils ne vont pas se planter sur le trottoir et déclamer : “Cette maison est magnifique, il me la faut!” Ils diront plutôt : “Cette maison a beau bien paraître, son rendement est horrible comparativement à l’autre, qui paraît aussi bien.” Et leur décision sera basée là-dessus.

De plus, avouons-le, les coûts de l’énergie ne baisseront pas avec le temps, continue-t-il. Conséquemment, notre portefeuille va en prendre un coup et c’est toujours comme ça que les changements s’amorcent. »

Publié d’abord dans le  Toronto Star le 5 juillet 2012.

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