Faire votre première demande de prêt hypothécaire peut sembler une épreuve insurmontable. L’auteure Carla Wintersgill révèle ce qu’elle a appris à ce sujet.

Par Carla Wintersgill, Toronto Star

Nous possédons la maison et la banque nous possède.

C’est la blague que nous faisons, mon ami Jesse et moi, en parlant de notre première maison pour laquelle nous avons commencé les paiements hypothécaires au début d’avril.

Nous préférons rire du plus important engagement de prêt que nous ayons pris de notre vie plutôt que d’en pleurer.

Notre première hypothèque nous a enseigné comment rédiger un budget et planifier notre avenir financier.

Jesse est scrupuleusement économe et responsable sur le plan financier. Il règle entièrement sa carte de crédit chaque mois et on trouve parfois des piles de billets dans ses affaires.

Ma propre histoire financière est un peu plus mouvementée. J’ai contracté un prêt étudiant pour ma maîtrise et ce n’est que l’an dernier que j’ai intensifié mes efforts pour garder mon solde de carte de crédit à 0 $ et mettre de l’argent de côté. Si on a eu des écarts de conduite financière par le passé, notre banque le sait. J’ai eu honte lorsqu’un paiement en souffrance de ma carte Visa datant de 2007 a refait surface alors que nous faisions la demande d’un prêt hypothécaire préautorisé.

Mary Stergiadis de la Société canadienne d’hypothèques et de logement recommande aux acheteurs potentiels d’obtenir une copie de leur rapport de solvabilité avant de faire une demande de prêt hypothécaire. Non seulement auront-ils un aperçu de ce que la banque verra lorsqu’elle se penchera sur leurs antécédents de crédit, mais ce sera aussi l’occasion de découvrir et de rectifier toute inexactitude.

Un rapport de solvabilité « peut offrir au consommateur la chance de réfléchir à sa dette actuelle et de la gérer avant de s’engager dans le financement d’une propriété », poursuit Mary Stergiadis.

À la banque, on nous a dit que mon unique paiement en souffrance n’était pas inquiétant. Mais le spécialiste hypothécaire nous a dit qu’il avait assisté dans son bureau à bien des prises de bec de couples dont les squelettes financiers étaient sortis du placard durant la vérification des antécédents de crédit.

Nous avons finalement reçu l’approbation pour une hypothèque de plus de 400 000$. Mais nous ne l’avons pas prise.

Notre prêt hypothécaire est actuellement de 320 000 $ et compte tenu des versements, de l’impôt foncier, de l’assurance prêt hypothécaire et d’autres frais, nous ne désirons pas assumer un plus gros fardeau financier.

« Même si la banque lui dit qu’il peut se le permettre, le consommateur doit tenir compte de ses autres dépenses, poursuit Mary Stergiadis. Le style de vie qu’il aime vivre n’est pas pris en considération. »

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Notre style de vie ne nous incite pas beaucoup à cuisiner. Vivre dans une maison plus petite, plus abordable, nous permet de consacrer un certain budget aux plats à emporter.

Madame Stergiadis recommande divers outils fournis par la SCHL, parmi lesquels un  calculateur de budget domestique et un calculateur de versements hypothécaires. Le calculateur d’hypothèques est un outil particulièrement utile pour comparer les divers plans de versements.

Comme Jesse et moi avons des emplois réguliers, nous avons opté pour un prêt hypothécaire à taux fixe de quatre ans, ce qui nous permet de respecter un budget mensuel régulier. Nous avons aussi tiré parti des nouveaux prêts hypothécaires au taux d’intérêt de 2,99 %.

Toutefois, Mary Stergiadis nous a mis en garde contre la recherche du plus bas taux d’intérêt disponible.

« On ne peut pas comparer les taux d’intérêt comme on compare les pommes, explique-t-elle. Il faut vraiment comprendre les modalités. »

Ce qu’il faut se rappeler lorsqu’on demande un prêt hypothécaire

Pensez à votre style de vie. Il est possible que vous soyez admissible à un gros prêt hypothécaire, mais sans avoir les moyens de vous l’offrir. Tenez compte de toutes vos dépenses mensuelles comme le téléphone, le câble et les divertissements, puis décidez si une plus grande maison vaut vraiment la peine de vous priver.

Connaissez votre marge de crédit. Un passé financier inégal peut revenir vous hanter. Vérifier à l’avance votre cote de solvabilité permet de rectifier certaines erreurs et de faire face à la réalité du montant de dette que vous pouvez vous permettre.

Comparez les pommes avec les pommes. Les prêts hypothécaires ne sont pas tous égaux. Avant de choisir celui qui offre le plus bas taux d’intérêt, assurez-vous de comprendre les conditions qui s’y rattachent et l’institution financière avec laquelle vous faites affaire!

Renseignez-vous. Il y a plusieurs calculateurs de prêt hypothécaire disponibles qui peuvent vous donner une meilleure idée du coût véritable de la maison de vos rêves.

Publié d’abord dans le  Toronto Star le 26 avril 2012.

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