Les dettes peuvent sembler affligeantes, mais elles peuvent être réduites à néant plus rapidement qu’on le croit, à condition d’avoir un plan qui maintient la motivation.

Par James Daw, Toronto Star

Jessica et Michael ont versé leurs cœurs, ainsi que leur régime enregistré d’épargne-retraite, dans une maison rurale assez grande pour élever une famille.

Trois ans plus tard, ils ont environ 47 000 $ en valeur domiciliaire, deux emplois stables à une demi-heure de route à peine, leur premier-né et une grand-mère prête à le garder, en plus d’un régime de retraite pour Jessica. Leur avenir est florissant.

Celui-ci serait plus assuré, par contre, s’ils pouvaient éponger la dette de 64 000 $ qui s’ajoute à leur prêt hypothécaire de 193 000 $ et faire hausser leur revenu annuel de 117 000 $.

« À la fin du mois, il ne reste rien du tout » explique Betsy Prospero, une conseillère en planification financière qui a le tour d’inspirer les jeunes couples.

Mme Prospero, associée à Fiscal Wellness à Stratford, en Ontario, a proposé un plan de sauvetage de 46 mois pour Jessica, 29 ans, et Michael, 31 ans.

La majeure partie de leurs dettes provient des études universitaires de Jessica qui l’ont préparée à son travail actuel de recherchiste, ainsi que de l’achat d’une camionnette pour le travail de construction de Michael. On peut donc dire que ces dépenses constituent des investissements pour l’avenir.

Malgré cela, Mme Prospero suggère un emploi à temps partiel si nécessaire. Quoi qu’il en soit, elle suggère qu’ils réorientent vers le remboursement de leur dette les 200 $ à 250 $ mensuels qu’ils mettent de côté pour la retraite.

Selon le Régime d’accession à la propriété fédéral

Régime d’accession à la propriété fédéral, ils peuvent soit rembourser les 9 000 $ qu’ils ont retiré de leur REER pour acheter leur maison, au rythme de 1/15e par année, soit payer de l’impôt sur ce 600 $ chaque année.

 

Mme Prospero considère qu’à leur âge, s’acquitter des dettes de cartes de crédit et autres dettes à intérêt élevé presse plus qu’économiser pour la retraite. Alléger leurs dettes sera plus rentable que n’importe quel rendement de leur REER.

Afin de libérer des liquidités supplémentaires, elle suggère qu’ils demandent à leur agent d’assurance de réduire leur protection d’au moins 1 200 $, plutôt que de prolonger celle de 3 360 $ qu’il les a convaincus de payer.

Comment mettre sur pied un plan de remboursement de dettes

« Les assurances vie coûtent très cher, explique Prospero. Or, il faut diminuer les dépenses pendant environ 5 ans. Incitez votre agent à trouver des solutions. »

Elle conseille aussi vivement de repenser la police d’assurance vie de 25 000 $ de leur enfant, qui coûte 600 $ par année. On leur a dit que la valeur monétaire de la police pouvait être utilisée pour aider à défrayer les coûts de l’éducation postsecondaire. Cependant, ajouter un avenant à leur propre police d’assurance pour l’enfant constituerait une meilleure stratégie.

Cela leur permettrait probablement d’économiser 40 $ par mois, qui pourrait servir à rembourser les dettes. Lorsqu’ils auront la situation en main, ils pourront réorienter ce montant vers leRégime enregistré d’épargne-études de leur enfant qui est admissible à des bourses gouvernementales.

« Pour acquitter la dette, commencez par rembourser la (plus petite) dette de carte de crédit de Jessica, recommande fortement Prospero. Celle-ci sera réglée au bout de deux mois. Ensuite, 300 $ par mois, plus 50 $, seront acheminés vers la dette de la deuxième carte de crédit de Jessica. Après le huitième mois, elle sera payée. Ensuite, les 350 $ plus 50 $ serviront à payer les cartes de crédit de Michael et ainsi de suite, jusqu’à ce que le plus petit prêt étudiant de Jessica et le prêt de caisse populaire de Michael aient été remboursés au 15e mois. »

On conseille régulièrement de mettre l’accent sur les cartes de crédit avant de s’occuper des autres dettes. Mais Mme Prospero préfère rayer les plus petites dettes d’abord. Cette méthode donne l’effet encourageant de gagner du terrain. De plus, elle combine le paiement des dettes à l’épargne en cas d’urgence ou simplement pour le plaisir.

Mme Prospero ne croit pas en la consolidation de la dette. « C’est psychologique. Lorsque l’on éponge chaque dette tel que décrit, on éprouve un sentiment de réussite. De six mois à un an après avoir consolidé leurs dettes, les gens se procurent habituellement une nouvelle carte de crédit ou une ligne de crédit et ils se retrouvent à la même position qu’avant. En fait, ils sont encore moins bien placés qu’avant car ils ont maintenant une dette supplémentaire. »

Elle prévoit que Jessica et Michael s’acquittent de la ligne de crédit de Michael six mois avant de rembourser le prêt de l’achat de son camion. Une fois libérés de leurs dettes en 46 mois (sans compter leur prêt hypothécaire), ils devront mettre de côté 1 340 $ par mois, selon elle.

Ensuite, ils viseront une mise de côté de six mois à un an de salaire. Il importe d’avoir un gros fonds de réserve, au cas où Michael se blesse ou devient invalide. Il n’a aucune assurance d’invalidité à long terme, ce qui constitue un risque plus important que la mort à son âge.

Première publication dans le Toronto Star le 25 octobre 2012.

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