Voici des stratégies pour vous aider à en sortir gagnant

Madhavi Acharya-Tom Yew, Toronto Star

Jaff et Brad Robertson sont frères et ils sont également des partenaires en immobilier. Ils savent ce que ça prend pour acheter une vieille propriété et la rénover, ainsi que pour être propriétaire.

Ils savent également ce que c’est que d’entrer dans une guerre des prix.

« C’est certainement éprouvant et très émotionnel. C’est un processus des plus stressants. », affirme Brad, 28 ans.

« Il est parfois arrivé que nous avons haussé le prix de notre offre d’achat sans aucune provocation. Nous nous sommes dits : Il y a maintenant d’autres personnes qui ont fait des offres. Nous devons donc offrir plus.»

L’an dernier, ils ont renoncé à ce qui semblait être la maison idéale.

Huit offres ont été faites sur cette propriété qui s’est finalement vendue 110 000 $ de plus que le prix demandé.

« Nous avons offert plus que le prix demandé, mais pas autant que le prix final », déclare Jaff, 34 ans. « Pour nous ça ne valait pas la peine. »

Les guerres de prix sont devenues la norme dans plusieurs villes canadiennes. Pour les nouveaux acheteurs plus particulièrement, ça peut sembler une bataille perdue d’avance.

Voici des stratégies pour vous aider à en sortir gagnant.

Selon les experts, un truc consiste à garder une perspective logique et à ne pas réagir de façon trop émotive. C’est bien sûr vite dit, mais plus difficile à faire.

« Il n’y a personne qui déclare vouloir prendre part à une guerre des prix », assure l’agent immobilière Gina Roman. « Personne ne veut renoncer à ses désirs, ce qui donne lieu à des guerres de prix. »

Si l’on paie un prix dépassant de beaucoup la valeur marchande et advenant le cas où l’on doit remettre la propriété sur le marché après une courte période, on risque de perdre de l’argent une fois la commission payée à l’agent et les autres frais associés à la vente.

Follow your brain, not heart

Ce sera sûrement le cas si le redressement prévu depuis longtemps du marché immobilier survient. Les acheteurs souvent n’hésitent pas à offrir 30 000 ou 40 000 $ de plus que le prix demandé en tentant de se démarquer des autres acheteurs, surtout en cette période de taux d’intérêt extrêmement bas. Lorsqu’il est amorti sur 25 ou 30 ans, ce supplément représente une très faible part du paiement mensuel.

Mais ce n’est qu’un côté de la médaille, dit Kelvin Mangaroo, fondateur de RateSupermarket.ca. Par exemple, pour un acheteur de maison qui contracte un prêt hypothécaire de 400 000 $ d’une durée de 5 ans à un taux de 3 %, amorti sur 25 ans, la mensualité sera de 1 892,98 $.

Si une guerre de prix fait grimper le prêt à 465 000 $, cela augmente la mensualité de 307,61 $ seulement. Mais sur l’ensemble du prêt hypothécaire, cette différence représente le montant considérable de 92 282,83 $ et ce, seulement si les taux hypothécaires ne varient pas, ce qui est peu probable.

« Le coût total de l’intérêt est énorme, mais les gens ne tendent pas à voir les choses de cette façon » dit M. Mangaroo.

Les jeunes ménages risquent ainsi de se retrouver à court d’argent et incapables d’épargner en prévision des temps difficiles, de l’éducation des enfants ou de leur retraite, a indiqué l’agent immobilier Nick Horton.

Prenez le temps de parler avec votre banquier ou courtier hypothécaire et assurez-vous de comprendre à combien pourra s’élever le montant de votre prêt et quelle mensualité vous serez en mesure d’effectuer.

Demandez une préautorisation, mais rappelez-vous que cela ne garantit pas l’obtention d’un prêt hypothécaire, surtout si vous avez trop payé pour une propriété et que vous avez atteint la limite de votre capacité à emprunter.

Après avoir participé à quelques guerres de prix, Brad et Jaff ont adopté une nouvelle approche.

« À un certain point, nous avons tenté d’éliminer le côté émotif du processus d’achat, d’arriver à une évaluation objective de la valeur de la maison; si nous n’obtenions pas la maison, nous ne l’obtenions pas, c’est tout », a conclu Brad.

Publié dans le Toronto Star le 12 avril 2012.

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