Découvrez comment les riches deviennent riches

Adam Mayers

La vérité sur l’épargne c’est que, bien que tout le monde vous recommande d’économiser, personne ne le souhaite vraiment… à part vous-même.

Ce que tout le monde – c’est-à-dire vos enfants, votre banque, votre épicerie et votre boutique préférée – souhaite vraiment, c’est que vous dépensiez le plus d’argent possible et le plus souvent possible.

C’est la raison pour laquelle il est si difficile de faire des économies.

Les tentations sont partout et les justifications pour y céder sont énormes.

C’est ce qui explique peut-être que la dette sous forme de ligne de crédit des Canadiens s’élevait à 219 milliards de dollars à la fin de l’année dernière, selon la Banque du Canada. C’est deux fois plus qu’il y a 5 ans. Et il y a 20 ans, ce type d’emprunt à la consommation n’existait même pas.

Si vous désirez réussir, vous devez faire comme The Millionaire Next Door (le millionnaire près de chez vous), pour reprendre le titre d’un ouvrage de Thomas Stanley et William Danko. Les gens qui réussissent savent que la clé de l’indépendance financière est de dépenser moins que ce que l’on gagne. Les deux auteurs se sont intéressés au mode de vie de cette catégorie de personnes pour mieux comprendre comment elles deviennent riches, et ils se sont aperçus qu’il y avait une grande différence entre le fait d’amasser des richesses et le fait d’avoir beaucoup d’argent à dépenser.

Ce qu’ils ont découvert dans leur enquête, c’est que les gens fortunés conduisent rarement des voitures de luxe et ne vivent pas forcément dans une superbe maison dans un quartier chic. Ils ne portent pas non plus des costumes à 1 000 $, n’achètent pas des produits de luxe et ne mènent pas un train de vie fastueux.

Ils se contentent de vivre en deçà de leurs moyens, plaçant tout l’argent qu’ils ne dépensent pas dans leur épargne ou des investissements. Leurs voisins qui vivent dans l’opulence, portent des vêtements de marque et roulent dans des voitures de luxe gagnent beaucoup d’argent mais ne possèdent pas forcément une grande fortune.

Nous pouvons tous être le millionnaire « d’à côté » sans augmentation de salaire ni un meilleur emploi. Comparez d’abord vos revenus et vos dépenses, et ensuite, essayez de dépenser moins que ce que vous gagnez. En réduisant vos dépenses, même modestement, vous donnerez un sérieux coup de pouce à votre épargne.

Voici comment :

1. Commencez par faire un budget. Personne n’aime faire son budget. C’est ennuyeux, fastidieux et franchement pas très motivant. Mais c’est une première étape indispensable. Examinez vos revenus mensuels. Puis examinez vos dépenses en détail, jusqu’aux 5 $ que vous cotisez chaque semaine pour acheter un billet de loterie avec vos collègues de travail. Pendant un mois, surveillez vos dépenses au dollar près. Consignez tout cela par écrit. Vous verrez, vous serez surpris par les résultats.

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À la fin du mois, élaborez un plan qui réduit les dépenses de manière à ce que vos sorties d’argent soient inférieures à vos rentrées.  Ensuite, mettez de côté l’argent économisé. Un compte d’épargne libre d’impôt (CELI) est un bon choix. Le revenu que vous gagnerez grâce au CELI n’est pas imposable.

2. Retenue salariale. Hors de vue et hors de l’esprit. C’est une solution pratique pour l’épargne parce qu’elle réduit la tentation de dépenser son argent. La retenue salariale est votre alliée. Vous pouvez transférer votre épargne mensuelle directement dans un CELI ou un autre compte d’épargne (votre banque vous aidera) au moyen d’une retenue salariale. Si vous recevez une augmentation de salaire, utilisez-en une partie pour accroître le montant de votre retenue salariale. Même une petite somme peut faire la différence. À raison de 25 $ par semaine, vous arrivez à 1 200 $ par an.

3. Mettez votre budget de côté. Carl Richards, qui collabore au blogue Bucks, du New York Times n’est pas partisan des budgets. Il préfère le processus d’établissement du budget. Son ouvrage intitulé The Behavior Gap sonde les raisons pour lesquelles les gens prennent de si mauvaises décisions d’épargne et d’investissement.

Selon lui, les plans financiers, dont font partie les budgets, n’ont aucun intérêt. En revanche, le processus de planification est fondamental. Un plan contient toutes sortes d’hypothèses qu’il est impossible de prévoir, comme le montant de votre prochaine augmentation de salaire ou la hausse de la facture d’électricité l’année prochaine. Mais le processus de planification vous oblige à tenir compte du présent et à agir en conséquence. Rien ne vous empêche de modifier le plan plus tard, si besoin est.

4. Réclamez des économies. Une fois que vous avez trouvé des sources d’économies, continuez de chercher pour en trouver toujours plus. Faites comme Oliver Twist : demandez-en encore. Par exemple, les compagnies de téléphone et de câble offrent toujours de super bonnes affaires, mais vous avez l’impression de ne jamais en bénéficier. Savez-vous pourquoi? Parce que ces offres servent uniquement à appâter les nouveaux clients. Si vous  êtes déjà un client, ils n’ont pas besoin de vous séduire. Mais si vous les appelez pour leur demander un tarif plus avantageux, vous avez de bonnes chances de l’obtenir. C’est parce qu’ils savent qu’il est plus facile de conserver un client que d’en trouver un nouveau. C’est pareil pour les banques. Demandez si vous pouvez recevoir un rabais sur des services groupés, un moyen moins coûteux d’emprunter ou un taux plus avantageux.

5. Comment réclamer des économies. Pour obtenir un meilleur prix, il vous faudra être persistant, patient et bien informé. Soyez toujours poli. La personne à l’autre bout du fil n’est pas responsable des politiques, elle se contente de les appliquer.

Faites des recherches à l’avance. Si vous êtes client de Rogers et que Bell vous offre un tarif plus avantageux, renseignez-vous sur les détails de l’offre de Bell et demandez à Rogers de vous offrir un tarif équivalent. Si le représentant du service à la clientèle ne peut rien faire, demandez à parler au service de rétention de la clientèle.  Ils seront sûrement en mesure de faire quelque chose pour vous. Soyez raisonnable, mais soyez prêt, s’il le faut, à changer de fournisseur.

6. Quand vous dépensez votre argent, achetez quelque chose qui vous plaît. Faites-vous plaisir de temps en temps, c’est important. Le but de l’épargne n’est pas de se priver de tous les plaisirs de la vie, mais d’économiser pour pouvoir un jour acheter ce qui vous tient vraiment à cœur.

Publié d’abord dans le Toronto Star le 31 décembre 2012.

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